samedi 16 mai 2009

Hier Vendredi, jour 4

Hier, il pleuvait et il faisait froid. J'ai passé un temps fou à me réchauffer après mon voyage en scooter. J'étais trempée et je ne séchais pas, la pluie devenant de plus en plus dense, vraiment, la journée n'était pas encourageante et même un peu déprimante. Ajoutons à cela que se positionner face à un cheval qu'on vient d'acquerir sème doutes et remise en question, que l'avoir entier avec un caractère vif et apeuré demande une vigilence de tous les instants et que je me sentais seule face à l'inconnu (oui, je crois que la peur, c'est ça), j'ai passé quelques heures difficiles.
Je me suis décidée au bout de 2 heures et un graissage de filet à le ballader sous la pluie, en attendant que ça s'arrête de tomber. Après tout, tant qu'il est en box, il ne risque pas d'attrapper froid. Nous partons marcher en main, cette fois en terrain inconnu pour commencer. Nous passons près des paddocks de détente du haut, et Ilot (une superbe jument de 4 ans) vient à sa rencontre. Il fait mine de me faire un demi-tour sans que j'existe et finalement, au dernier moment il se souvient que je suis là et ne fait rien. Mais je sens son sang monter et je décide de faire demi-tour et de partir loin des juments (on m'avait dit qu'il n'y en avait pas à cette heure).
nouqs repartons donc en direction de la carrière du bas, avec reniflage de tracteur, regard effrayé au détour de deux box sur lesquels on n'a pas de visibilité, reniflaaaaaaaaaaage de la voiture de Jean-Mi, reniflage du sol, léchage de la terre (il cherche les vers ou quoi??), reniflage de touffe verte "tiens, c'est quoi ce truc ?" et tentative effrayée d'y mettre une dent, avec regard révulsé et tête verticale au sol la seconde suivante, de peur de la torgniole. Oui, je sais, un entier, on s'amuse pas à le ballader comme un shetland castré, on évite de le faire brouter, comme on ne lui donne pas des sucreries à la main, on ne le laisse pas fouiller nos poche, machouiller ses rênes, etc... bah lui, il connait ces règles mieux que moi. Je vois à chaque regard révulsé ce qu'il n'a jamais eu le droit de faire, j'en prends bonne note et je m'applique à éviter la tentation (qui pour lui est suivie de la punition).
J'essaye d'instaurer l'arrêt. Ca marche nikel, il est archi à mon écoute, comme dirait Jean-Mi "aux ordres". Mais à chaque fois, je remarque qu'il approche d'avantage sa tête de moi. La dernière fois, c'est proche, je vois son oeil blanchir et ses dents montrent leur blancheur éclatante. Hum, je me tourne vers lui avec un regard énervé et il semble que le message passe, il recule sec et me regarde à distance pour le reste de la ballade.
Plus tard, hop, barre d'attache, pansage symbolique (on apprend à se connaitre, que voulez-vous...) et il accepte volontier de se faire brosser l'arrière train (HA ??? il y a donc un moyen d'approche avec brosse en main?) et de se faire démeler les locks de sa crinière. IL A DES LOCKS, mon ch'val :D La condition du pansage et qu'il renifle chaqu'une de mes brosses durant des longues minutes avant que je les utilise. Pareil avec mon filet. Chaque morceau de cuir et de mord a été inspecté par ses naseaux frémissants. On voit qu'il est curieux et qu'il cherche à vaincre sa peur des élements nouveaux. Je remarque qu'il aime que je lui tripotte son toupet. Il baisse légèrement la tête pour me laisser lui faire des tresses, le coiffer (raie au milieu, sur le coté, etc) et il aime surtout que je lise son toupet pour le lui poser le long de son chanfrein. Il fait une tête de gros bébé à chaque fois.
Hop, filet, protections, cloches avant pour éviter qu'il ne s'arrache un fer neuf. Hop filet d'appoint avec mord olive en cuivre. Hop, à peine enfilé qu'il baaaaaaaaaaave partout. Il cherche à passer la langue, qui a se démonter la machoire, il s'en fout, il essaye, essaye, essaye. Avec Johanne, on part dans la carrière de saut pour une longeage EXCEPTIONNEL (strictement interdit de longer la haut, biensur) sous le regard bienveillant de JM. Johanne commence. Je suis contente de voir une fille de chez nous longer. Il est trèèèèèèèès content de sortir dis-moi ... 3 foulée de trot puis galop ! (il sait définitivement pas que le pas ne sert pas qu'à se déplacer avec un humain au bout de sa laisse). Galop. Galop. Galop. Glissement de terrain pour galop effréné. Galop . re-glissement (il va finir par se casser la gueule). Il est vraiment gaucher ! il peut se mettre dans des situations incroyables à gauche. il galope puis décide de s'en remettre dans les main de sa longeuse. Trot, galop, transition montante et descendante nikel, très "à la seconde", très "aux ordres". Biensur, il teste et se campe face à Jo quelques fois et la dernière est vraiment limite, on sent qu'il pourrait sauter les clotures. Bon, aller, on change de main, je prend le relais.
Hophophop, main droite, oulala, c'est pas ton côté hein, mon poulain, la droite. Bout de bois raide, incapable de s'incurver, il penche dès qu'il accelère ses foulées, je vais m'amuser quand je serais dessus ... ca va etre un boulot du diable à assouplir ce bordel. Donc mon nouveau cheval, que j'appelerais cette fois "baton de bois" n'est pas dupe, ila bien vu que c'était moi au bout de la longe. Alors il reeeeeeeeeeteste, et teste, et teste. Piquet planté devant moi, il ne me traverse pas, il repart avec un petit bond effrayé à chaque remise sur le cercle. Il trotte. "Gaaaalop" hum ... heu "Xaliapin? Gaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaalop!" hum ... heu "il se fout pas un peu de ma gueule là ???" "Gaaaaaaaaaaaaaaaalop" Hop, ouf, ca marche ... ha non, il trotte à nouveau. Bilan : les départs au galops à main droite, c'est pas son fort, il galope à faux (halala, la contre-incurvation) et comme il est bien plus fatiguée que l'autre jour, il ne tient plus la distance à faux. JE SUIS CONTENTE, ca veut dire qu'il se lasse de sauter partout et qu'une fois détendu, il a un comportement qui redevient progressivement normal. Je sens que je pourrais le monter, finalement (biensur que vous avez bien compris, oui, j'ai fini par avoir des doutes à pouvoir le monter sans finir la gueule ans le sable au bout de 3 tours pleins culs-en l'air-). Bon, bah tiens, fait exceptionnel, Monsieur Baton de bois sait marcher au pas. Mais le pas semble une allure de transition nécéssairement axée vers l'arrêt, le repos, la glande quoi. Ca aussi, va falloir lui enlever de la caboche !
Je remarque tout de même, pendant toutes ces facécies, que à chaque pas, monsieur engage bien son posterieur sous la masse kan il est calme (à main gauche).
Nous rentrons, marchons, douchons les membres, marchons pour sêcher (il est en nage) et nous rentrons au box. "Mais c'est qu'il est largement l'heure de bouffer !" disent les copains. Il a un hénissement à faire fuir les plus braves. "hiiiiiiiiihihihihi, ramène la bouffe ou je casse tout", dit-il à Jean-Michel. Mais il ne casse rien et finalement il fouille son copeeau à la recherche de petits brins de foins perdus. Je lui glisse 4 bonbon à la carotte dans sa mangeoire, pour qu'il se souvienne que les bon petits bonbons, c'est moi qui les donne. Il commence à comprendre que quand je les lui fait sentir, il faut qu'il aille à la mangeaoire. Il est intelligent, il comprend vite.
Ce matin samedi, je vais m'habiller et aller le longer à nouveau. Je veux voir si mon 6 ans supporte unepetite scéance le matin et une autre l'après-midi. On verra.

Au fait, c'est compliqué de faire des vidéos sous la pluie, et comme on ne savait pas si ça allait s'arreter ou recommencer, hier je n'ai rien prit. De toute facon, on peut pas tout faire à la fois. C'est pas un bisounours que je peux trainer la longe détendue et le filmer en même temps. Aujourd'hui, ce mtin, il fait un beau soleil. Nous allons être bien, Chacha et moi ... :)

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