Voilà, j'ai castré Chacha ...
La boiterie avait donc disparu en début e semaine et je l'ai laissé au repos en le sortant en main deux fois par jours jusqu'au grand jour de sa castration.
Pétrie de remords la veille, c'était pire lorsqu'il s'est mit à me faire des calins et à être doux comme un agneau du genre "je ne pense pas spécialement être au courant de ce que je vais subir, mais j'aimerai bien y couper (sans jeux de mots), tu m'aimes comme je suis, non ?" et moi "merde merde merde, tu vas devenir chiant, je veux pas, je veux partir me ballader avec toi bonhomme... j'ai pas le choix!" ... Alors le grand jour arrive et je l'ai pas appellé pour dire "annulez l'opération, le patient va bien, plus besoin du bloc !!!" non, Jacques a attelé le Van, Chacha est monté dedans sans discuter, (après deux jours de diète, forcément, il était pas farouche) et nous sommes parti dans un petit coin de paradis.
Hophophop, le portail s'ouvre devant nous et nous arrivons dans une écurie très privée, avec des gens très gentils et nous commençons ... à attendre !
L'intervention devait se passer à 11h, mais non, finalement elle ne s'est pas produite avant 12h30. Entre temps, nous avons le temps d'aller manger un sandwiche (pour ma part il a été dévoré par les chiens lorsque je m'occupais de Chacha ... merci les chiens, j'ai observé l'opération l'estomac dans les talons...)
Première étape : poser le Cathétaire... bah monsieur était vraiment effrayé au possible, lorqu'on l'a mit dans le local à douche... la tondeuse, ça allait, mais il était inquiet .... les yeux blancs (et rouge) et la sueur qui fait surface, l'oeil torve qui regarde le vétérinaire trifouiller des trucs et des machins inhabituels, mais aucune sortie de dents, aucun cabrage, finalement, même si Baron cherche sa veine perdue dans ses gros muscles et rétrécie par l'angoisse, il reste là, acculé contre deux murs, incurvé à angle droit, sans bouger. Même si la position n'est pas celle d'un cheval tranquil et en confiance, je vois qu'il est très soumis et qu'il sait qu'il n'a pas le choix d'obtempérer.
Après ça, nous filns dans le grand manège, ou Bembo a préparé son materiel avec sa gentille assistance (et drôle aussi). Nous allons le coucher. Un premier relaxant lui met la tête entre les pattes avant, il appuie son chanfrein sur moi, dès que je fais un mini pas vers l'arrière pour les laisser approché il est aspiré vers moi. (il est près pour de l'éthologie, quand il est drogué hahaaha). Il est pr^t à être couché. Il bascule comme ivre mort d'un côté à l'autre et on ne sait pas de quel côté il va tomber, les deux hommes de la situation le retienne pour qu'il ne se fracasse pas en tombant. Il tombe sur le flanc gauche, face à la porte, loin de la table gonflable de chirurgie. Hophophop, ni une ni deux, ils déplacent la table et la mette derrière lui. Ils lui tirent ensuite lourdement le corps sur un partie de la table, la queue et les posterieurs, puis la tete et les anterieurs... Il est "à cheval" sur la table tout plate, qui ressemble à un matelas gonflable de camping.
Puis ils emmenent un petit engin bruyant qui envoie de l'air compréssé et ils gonflent. Un côté, puis on le tien pour ne pas qu'il tombe et ensuite l'autre. Et voilà Chacha sur le dos, comme un chien qui attend de se faire gratter le ventre !
Intubation pour l'anesthésie avec le gaz et installation des draps vert de chirurgie stérile. Il n'y a pas trop de vent, le sable du manège couvert reste au sol, les conditions optimums de chirurgie en manège sont réunies... alors l'opération commence. J'ai demandé à y assiter, parceque je voulais me coucher moins bête, et aussi être là, avec Cha, parceque c'st pas rigolo d'aller au bloc tout seul ... (oui, bah hein, faut bien commncer l'identification un jour ... HAHAHA)
Bembo, après un stip tease, va opérer. Je reste à sa gauche, pour ne pas gêner les gesticulations des assistants entre le materiel et lui et, ça commence bien, il n'y a pas de manche pour la lame du bistouri HAHAHAHA, je trouve ça comique mais ne dit rien. Donc, cela veut dire que il va couper tout ça avec la précision e quand je découpe un poulet avant de le cuire ? Non, il est précis et de toute façon, tout est prévu pour la poubelle, alors il taille sans trop se soucier de si il fait de la dentelle ou pas. Ce qui est amusant, c'est que je pensais que ça serait peut-être un peu difficile à regarder. Mais j'ai occulté la dimension affective pour m'interesser à la dimension technique, et ça a très bien fonctionné. Il découpe les bourses jusqu'à la membrane qui entoure les testicules.Il jette derrière lui le lambeau de peau à même le sol (hahaha, c'est pas DR HOUSE, moi je vous le dis !) puis il entreprend de couper la membrane et de tirer les testicules. Il sort quelques vaisseaux qu'il "coagule" à l'aide d'un truc qui les brpule (moi de mon temps on appelait ça une cotérisation, je crois bien... non?). Pas de sang, et il me précise que c'est le but recherché, qu'il n'y ait pas de sang, enfin le minimum. Il est très interessant, ça me captive qu'il m'explique en opérant ce qu'il fait et ce qu'il ne fait pas, ce qu'il fait dans d'autres circonstances, explcations précises à l'appui... passionnant cet homme, et son métier aussi. Il extrait les testicules et me montre le canal qui les dessert. Il me dit que nous avons bien fait d'opérer, parcequ'ils sont gros et que le risque d'éventtration est vraiment beaucoup moins important. Et il m'explique que l'interet sera, si jamais eventration il y a, qu'une petite opération suffirait. Il coud le premier canal en le suturant puis il m'explique que si enernie il y a, elle serait dans ce tout petit bout, et non pas dans tout le testicule, comme chez les étalons reproducteurs. Il y aurait donc une moins grande perte d'intestinc si tel était le cas (puisqu'on doit enlever l'intestin abîmé par l'ernie quand il y en a un, et parès il faut reconstruire dans une chirurgie précise l'intestinc partiellement découpé oulala oulala). Et là, ils sortent un engin diaaabolique : la pince à couper les couilles ! Un truc énorme, même une clé de plombier est moins impressionnante. Elle est rutilante et dure comme sa couleur acier. elle a plusieurs points de coupe parallèles les uns aux autres. Ils me préviennent que le bruit est asser impressionnant. JE CONFIRME, j'ai du me boucher les oreilles au bout des premiers coups de cisaille, OUI, parce qu'en plus il faut s'y reprendre à plusieur fois, comme de grosses dents qui devraient mâcher avant d'arriver à couper le bout de viande trop cuite... c'est juste ignoble. Mais je supporte. Avant la seconde suture, je file faire pipi dans un coin. Je reviens pour le second buit, mais cette fois je ne me bouche pas les oreilles... (j'apprend vite à écouter les bruits de la dure réalité de la vie...)
Ensuite, une fois tout ca proprement épongé, les couilles jettées par terre à côté de leur poche, il referme comme ma grand)mère aurait eu honte de le faire. Mais bon, le geste de couture chirurgical n'est pas un acte de couturier de la mode, donc on ne lui en veut pas trop. Je vois comment il pratique ses sutures, ce sont les mêmes que chez l'homme.
Il lui place un nombre incalculable de points et nous le révéillons. Comme ils savent que Cha est craintif, ils redoutent un réveil tonitruand, d'autant qu'il a eu beaucoup de mal à s'endormir pendant l'anesthésie à proprement parler.
Donc, ils lui donne un stimulant respiratoire puis le réveille. (entre temps, ils avaient, biensur, injecté des antibio)
Cha essaye une fois de se lever mais baraon lui tient fermement la tête, il n'est pas prêt et tomberait.
Il reste sur le côté un moment puis se lêve... il a revécu ses premières heures de vie, avec l'experience en plus. Oulala, c'est compliqué de rester droit !! il titube et cherche ou mettre chacun de ses membres, qui semblent dissociés les uns des autres... Puis ils me laissent seule avec lui, au milieu du manège en me disant de ne pas le faire marcher, le temps qu'il se reveille. J'ai un peu peur qu'il tombe vu eomme il semble frêle mais je me rassure en me disant qu'ils connaissent leur boulot, si ils me laissent avec lui, c'est que je peux gérer seule.
Chacha pose sa tête contre mon ventre et ne bouge plus, il ferme les yeux et semble endormi. Nous retstons ainsi 10 bonnes minutes. Je sens une vague de chaleur d'amour passer en moi et je lui parle doucement. Au bout de ces 10 mn de chuchottage, il commence à regarder ses fesses avecv un regard circonspect. Il a localisé le lieu du méfait. Il doit souffrir, ou bien ca doit tirer, mais en tout cas il se regarde alternativement le flanc gauche puis le droit. Je le fais marcher, doucement, chaque pieds est calculé avant d'etre posé. Puis on m'annonce qu'il lui faut 1,30h en box avant de reprendre la route. Jacques est bleu fluo, lui qui doit être à 17h chez lui... et il est 15h... snas compter les bouchons... ALALA, la pression.
Je le remet dans sn box, ou il se dandine en regardant ses fesses puis il sallonge et s'endort. Il est cassé mon hongre.
Nous le laissons puis 40 mn plus tard je dois le faire monter dans le van, sous peine de me retrouver seule avec mon cheval au milieu de nulle part. Alors je le sors, la mort dans l'âme, alors qu'il dormait si bien. Mais il n'a plus envie de monter dans le van, cette fois il n'a pas envie de se soumettre. Mais jacques et le palfrenier lui soulève carrement les fesses pour le faire monter. Il monte... la mort dans l'âm:e lui aussi.
Nous rentrons et je suis inquiète pendant tout le trajet. J'ai peur que le stress et la fatigue me rende un cheval coliqueux qui souffre et qui déprime.
Nous arrivons, et lorsque j'ouvre la porte, il est en nage, lui qui voyage si bien, dans le calme, sans suer... il st en nage et il tremble... comme une feuille... j'ai vriament peur du coup de chaud, de la colique et de la dépression.
Je le descend tout doucement du van et je le fais marcher un peu... il hume l'air et reconnait la maison. il a la tête basse et il est chaud...
Je le rentre au box et 10 mn apres, il est couché et dort. Pour ca aussi je suis inquiete... un cheval trop souvent couché n'a pas son système digestif qui fonctionne correctement, et merci les coliques qui s'ensuivent... alors quand il s'agit d'apprendre à lui faire son injection et qu'il faut le lever, je suis triste de devoir le lever de son sommeil mérité, mais en même temps je suis soulagée parceque je pourrais voir si il se regarde les flancs d'une façon pas catholique.
Il se laisse faire, la piqure, le sachet danti inflamatoire, tout y passe sans une once de stress, il est à nouveau en confiance.
Il n'aura que du foin pendant une longue semaine, des antibiotiques matin et soir en intra musculaire et des calins...
Depuis l'opération, il m'accueille (quand il a fini de manger) avec des calins. Nous partons nous ballader matin et soir en main dans le quartier, il est content de sentir les bonnes odeurs de la nature, il renifle les voitures qui passent, les gens, les chiens, les poteaux, le bitume... il repère le terrain. Il n'est pas sur l'oeil, il me suit calmeemnt... je suis heureuse. Même si je me dit qu'avec son caractère d'aujourd'hui, je l'adore et que je ne veux pas qu'il change. J'espere qu'il ne deviendra pas mou .... mon chacha.
2 commentaires:
J'ai fermé les yeux et me suis cachée derrière ma main au moment où tu as décrit l'opération. En fait je ne veux pas voir les photos :s
Mais je suis contente que tout ce soit bien passé. Je lui apporterais des macarons aux carottes la prochaine fois que je descendrai sur Marseille
D'habitude je lis et ne dis rien, puisque je le vois tous les jours. Mais là j'étais comme Sao, c'est hard à lire quand même, surtout que depuis hier, je commence à l'Aimer vraiment :)
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